Nous vous avons déjà présenté la monographie de St Julien de Civry de Joseph Sandre (il rédigea trois monographies, celles de St Julien et celle d’Orme sont riches de renseignements sur les traditions, musiques et danses traditionnelles. Dans celle concernant Montceau l’Étoile il écrit simplement que les traditions sont si proches de celles de St Julien de Civry qu’il ne revient pas sur le sujet)
Dans la monographie d’Orme manuscrit, 1893. , il livre dans ce passage son opinion sur la danse : l’alliance de tableau noir et du goupillon… (Ces discours sur les risques que la danse fait courir à la moralité fournissent une littérature abondante depuis la Renaissance.)
« Mais auparavant, l’on trouvera naturel, – nous voudrons l’espérer, – qu’un Instituteur, un éducateur par conséquent, -ait sur la danse des idées bien arrêtées, et revendique le droit de les indiquer sincèrement ici.
En soi, sans doute, la danse n’a rien de mauvais, c’est un exercice gracieux, et salutaire comme gymnastique, lorsqu’on s’y livre modérément. Gracieux, ai-je dis ; et en effet on ne peux le nier ; quoi de plus agréable qu’un pas mesuré, décent, dansé par des jeunes gens et des jeunes filles, sous les yeux de leurs parents, dans certaines circonstance telles que les réunions de familles ou d’amis ? Ou pour un mariage, si l’on veut ? J’admettrais peut-être la danse dans ces conditions-là, mais pas tousles genre de danses, car il en est que l’on est forcé de reconnaître très indécentes ; de plus je suis tenu de confesser que même ainsi entendue, la danse présente des dangers, au point de vue de la morale.
A plus forte raison me prononcerai-je nettement contre les bals publics : ils ne sont pas autre chose qu’un lieu de perdition ; et tout développement à ce sujet me semble superflu.
Il serait facile de faire intervenir ici les enseignements de l’Église ; contentons-nous de quelques jugements portés par des écrivains profanes. Cicéron a dit : « personne ne danse à jeun à moins d’être attaqué de folie » – Salluste reproche à Impronia (difficile à lire sur le manuscrit) de savoir mieux danser qu’il ne convient à une honnête femme. Horace place la danse au nombre des infamies dont il fait un crime aux Romains. La Sorbonne a rendu la décision suivante : « les danses qu’on appelle bals sont défendues à juste titre ; toutes les autres espèces de danses sont dangereuses.» Platon et Démosthène ont blâmes la danse ; et Bayle dont on récusera certes pas le témoignage, a écrit : « la danse livre une guerre dangereuse à l’innocence. » Enfin le comte de Bussy-Rabutin écrivait à un évêque : « je n’ai jamais douté que les bals ne fussent très dangereux. Ce n’est pas seulement ma raison qui me l’a fait croire ; ç’a encore été mon expérience, et, quoique le témoignage des pères de l’Église soit bien fort, je tiens que, sur ce chapitre, celui d’un courtisan sincère doit être d’un plus grand poids. Ce ne sont d’ordinaire que les jeunes gens qui composent ces assemblées, lesquels ont assez de peine à résister aux tentations dans la solitude, à plus forte raison dans ces lieux-là. Aussi je tiens qu’on ne doit point aller au bal quand on est chrétien, et je crois que les directeurs feraient leur devoir s’ils exigeaient de ceux dont ils dirigent les consciences qu’ils n’y allassent jamais. »
Faut-il s’étonner, quand Bussy-Rabutin s’exprime ainsi à ce sujet, que Saint Ambroise ait appelé la danse : « l’écueil de l’innocence et le tombeau de la pudeur ? »
L’on connaît mon sentiment sur la danse ; continuons par quelques mots sur la manière dont on la pratiquait à Ormes (…) »







12 janvier 2021
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