Pierre « Frisé » -2-

4 avril 2021

Archives écrites, Vielle

Copie du discours de Joanny Furtin, président du groupe folklorique « les gâs du Tsarollais » Lors de la pose de la plaque sur la maison de Pierre Frisé à Beaubery.

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Joanny Furtin fut le poète régionaliste du Charolais, il composa de nombreuse chansons et poèmes sur sa région, des pièces de théâtres. Il créa le groupe folklorique « les Gâs du Tsarollais » qui continue à promouvoir ce répertoire. Il est encore connu et certaines de ses chansons apprises dans les écoles.

Pierre frisé est resté localement la figure emblématique du vielleux traditionnel. Nous avons de nombreuses photos de noces qu’il a menées. Sa famille nous a transmis des partitions car il était musicien lecteur, joueur de piston qu’il abandonna pour la vielle après avoir perdu des dents.

Ce texte nous donne quelques renseignements, entre autres, sur les origines du répertoire de danses du groupe folklorique qui, d’après la légende, parti à Nice en ne dansant que la bourrée et la polka piquée. (sans doute également le branle au vent et le cotillon vert. Le quadrille pourrait lui avoir été transmis par François Cretenet vielleux de Suin. Le huit fut ajouté au répertoire à la fin des années 50 grâce au GSAC, les autres danses du groupes sont des chorégraphies composées par ses membres)

« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Mon cher Pierre

Ce 15 août 1941, sous la présidence de Monsieur Myard maire de Beaubery et de la municipalité, nous avons la très grande joie de vous offrir cette plaque destinée à perpétuer pour les générations futures le souvenir de votre charmante et si sympathique personne.Les petits, les grands pourront dire en passant : tiens ! c’était là que demeurait le Pierre Frisé ! Et liront :

le quatrain que je vous dédie :

C’est en dix neuf cent que tu fis construire

Ce simple logis au toit si léger

Toi bon compagnon des danses, du rire

O gai vielleux ! O Pierre Frisé

Pierre Lauprêtre naquis le 28 décembre 1868 au village des Créteaux commune de Beaubery, Il était le 3° d’une famille de 5 enfants.

Avec lui naissait un musicien, le « ménétrier » de chez nous. En ce temps là, la vie était rude. Tout jeune il travailla la terre, celle qui forme les hommes et trempe les caractères.

Il ne fréquente l’école que quelques mois d’hiver. Mais Pierre était intelligent, ses dons d’observation et de jugement suppléèrent à son manque d’instruction.

Il appris avec facilité la vielle, cet antique instrument de nos aïeux. Avec tout un répertoire de danses et de monologues, il pouvait partir en campagne. Ses maîtres vielleux furent le père Odoux de Charolles et le père Gueugnon de Viry dont le petit fils digne émule de son grand-père, Jean Gueugnon, est ici présent.

Le nombre de noces qu’il fit est incalculable. Partout à la ronde on réclamait le Pierre Frisé, car il était bon joueur, agréable chanteur et fin diseur de monologues. Ce qui le fit surtout apprécié ce fut sa bonhommie, son joyeux caractère, sa grande complaisance et sa délicatesse de sentiments.

Son répertoire même émaillé de bons mots et d’une saine gauloiserie fut toujours d’une correction parfaite.

C’était le bon chanteur des noces, le boute en train de nos campagnes, le troubadour du Charollais.

Quand le groupe folklorique, les gâs du Tsarollais se forma pour participer à la belle sorte de nice en 1935, on pensa à Pierre. Tout de suite il accepta de nous former et de jouer pour nous apprendre les danses d’autrefois.

Afin de nous mettre au point, notre bon Frisé ne fit pas moins de 17 voyages à Charolles et quand nous le reconduisions après nos répétitions, comme il était heureux de nous accueillir dans sa chère maison où sa Jeanne-Marie l’attendait.

Les efforts furent récompensés puisque grâce à lui le groupe obtint à Nice un grand prix d’honneur de danse. Le défilé dans cette belle ville du midi fut un triomphe pour notre Pierre. Les passants l’acclamaient des balcons ou lui lançaient des fleurs. C’était le vielleux le plus typique de tous les groupes de France. Il nous accompagna ensuite dans presque toutes nos sorties, dans tous nos concerts, et toujours sans la moindre petite rétribution. Ce n’est pas l’intérêt qui le guidait, mais l’amour jouer et la solide amitié qu’il nous témoignait.

Quand le groupe se produisait à la radio, à plusieurs reprises il se fit entendre à des milliers d’auditeurs, surtout les exilés de leur Charollais, eurent la très grande joie d’apprécier les notes rustiques de la vielle de Pierre, venus leur apporter par la voie des ondes, une large bouffée d’air de Botet, du mont Violat et de la Corne d’Artus »

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