13 janvier 2021

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Joseph Sandre: chronologie sur le bal d’une petite commune rurale

Un autre texte de Joseph Sandre dans la monographie d’Ormes. Notre instituteur brionnais s’était exilé dans cette commune de Bresse et lui consacra une monographie en 1893. J’ai cependant repris cet extrait car il nous donne des indications précieuses sur le fonctionnement des bals dans les petites communes rurales.

Pour avoir un petit repère chronologique, la polka arrive à Paris en février 1844, la mazurka en novembre 1844, la Varsovienne en 1850 et la scottich en 1852 (d’après « Guinguettes et Lorettes, Bals publics à Paris au XIX° siècle », François Gasnault 1986). Joseph Sandre a recours à des informateurs locaux pour la danse, il semble donc que ceux-ci aient un peu anticipé l’arrivée des danses de couples à Ormes, mais cela signifie aussi qu’elles prennent place dans le répertoire du bal rural très rapidement après que ces danses soient mises au point par les maîtres à danser parisiens.

« Rien de particulier à dire sur la fête (patronale)

Vers la nuit, les jeunes gens vont à l’auberge voir les musiciens qui sont arrivés dans l’après-midi. Avant 1840, on ne voyait comme instrument que la vielle et la musette ; et l’on dansait sur le sol battu des granges, les sauteuses et les rigaudons.

Après 1840 on a commencé à voir des parquets surmontés d’une toile tendue sur quatre piquets, en guise de toit ; mais sans clôture : on s’abritait seulement avec un lambeau de toile, le côté du vent.

L’orchestre d’alors était déjà un peu plus nourri sans être meilleur ; avec la vielle indispensable il y avait un piston et une grosse caisse. C’est de cette époque que date l’apparition à Ormes du quadrille et de la valse.

Vers 184?(le dernier chiffre est illisible sur le manuscrit) sont venus les beaux parquets clos et couverts, et éclairés par quelques quinquets fumeux. C’est aussi vers ce temps qu’on a commencé à voir s’étaler, sur l’estrade des musiciens, des cahiers de musiques. Alors apparaissent aussi les autres danses connues aujourd’hui : varsovienne, polka, scottich, etc.

Les bals du soir ne duraient pas si tard qu’aujourd’hui, et il y avait beaucoup moins de monde : aussi le chef d’orchestre cédait-il volontiers un de ses musiciens pour aller jouer dans quelques grosses fermes, où la jeunesse se divertissait sous les yeux de ses parents;! »

12 janvier 2021

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Joseph Sandre et la danse

Nous vous avons déjà présenté la monographie de St Julien de Civry de Joseph Sandre (il rédigea trois monographies, celles de St Julien et celle d’Orme sont riches de renseignements sur les traditions, musiques et danses traditionnelles. Dans celle concernant Montceau l’Étoile il écrit simplement que les traditions sont si proches de celles de St Julien de Civry qu’il ne revient pas sur le sujet)

Dans la monographie d’Orme manuscrit, 1893. , il livre dans ce passage son opinion sur la danse : l’alliance de tableau noir et du goupillon… (Ces discours sur les risques que la danse fait courir à la moralité fournissent une littérature abondante depuis la Renaissance.)

« Mais auparavant, l’on trouvera naturel, – nous voudrons l’espérer, – qu’un Instituteur, un éducateur par conséquent, -ait sur la danse des idées bien arrêtées, et revendique le droit de les indiquer sincèrement ici.

En soi, sans doute, la danse n’a rien de mauvais, c’est un exercice gracieux, et salutaire comme gymnastique, lorsqu’on s’y livre modérément. Gracieux, ai-je dis ; et en effet on ne peux le nier ; quoi de plus agréable qu’un pas mesuré, décent, dansé par des jeunes gens et des jeunes filles, sous les yeux de leurs parents, dans certaines circonstance telles que les réunions de familles ou d’amis ? Ou pour un mariage, si l’on veut ? J’admettrais peut-être la danse dans ces conditions-là, mais pas tousles genre de danses, car il en est que l’on est forcé de reconnaître très indécentes ; de plus je suis tenu de confesser que même ainsi entendue, la danse présente des dangers, au point de vue de la morale.

A plus forte raison me prononcerai-je nettement contre les bals publics : ils ne sont pas autre chose qu’un lieu de perdition ; et tout développement à ce sujet me semble superflu.

Il serait facile de faire intervenir ici les enseignements de l’Église ; contentons-nous de quelques jugements portés par des écrivains profanes. Cicéron a dit : « personne ne danse à jeun à moins d’être attaqué de folie » – Salluste reproche à Impronia (difficile à lire sur le manuscrit) de savoir mieux danser qu’il ne convient à une honnête femme. Horace place la danse au nombre des infamies dont il fait un crime aux Romains. La Sorbonne a rendu la décision suivante : «  les danses qu’on appelle bals sont défendues à juste titre ; toutes les autres espèces de danses sont dangereuses.» Platon et Démosthène ont blâmes la danse ; et Bayle dont on récusera certes pas le témoignage, a écrit : «  la danse livre une guerre dangereuse à l’innocence. » Enfin le comte de Bussy-Rabutin écrivait à un évêque : « je n’ai jamais douté que les bals ne fussent très dangereux. Ce n’est pas seulement ma raison qui me l’a fait croire ; ç’a encore été mon expérience, et, quoique le témoignage des pères de l’Église soit bien fort, je tiens que, sur ce chapitre, celui d’un courtisan sincère doit être d’un plus grand poids. Ce ne sont d’ordinaire que les jeunes gens qui composent ces assemblées, lesquels ont assez de peine à résister aux tentations dans la solitude, à plus forte raison dans ces lieux-là. Aussi je tiens qu’on ne doit point aller au bal quand on est chrétien, et je crois que les directeurs feraient leur devoir s’ils exigeaient de ceux dont ils dirigent les consciences qu’ils n’y allassent jamais. »

Faut-il s’étonner, quand Bussy-Rabutin s’exprime ainsi à ce sujet, que Saint Ambroise ait appelé la danse : « l’écueil de l’innocence et le tombeau de la pudeur ? »

L’on connaît mon sentiment sur la danse ; continuons par quelques mots sur la manière dont on la pratiquait à Ormes (…) »

27 décembre 2020

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Marcel Delangle, Amanzé

Marcel Delangle

Enregistré par Michel Nioulou en compagnie de François Gayot en Juillet 1984.

« Scottich 1″ Chantée.

 

« Scottich 1″ jouée.

 

« Scottish 2″.

« Valse 1″.

« Valse 2″ dite Valse à Delangle chantée.

 

« Valse 2″ dite Valse à Delangle jouée.

 

« Valse 3″.

« La Bergeronnette » Chantée.

 

« La Bergeronnette » jouée.

 

« Mazurka »

« Mon papa ne veux papa » chantée.

« Mon papa ne veux papa » jouée.

 

« Polka piquée ».

 

 

22 décembre 2020

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Laurent Grillet (5)

Extraits de l’article de Jean-François Heintzen dit « Maxou » dans « la musique à Dompierre-sur-Besbre, Laurent Grillet » 2007, où il reprend des parties de sa thèse décrivant la pratique de la musique en Bourbonnais au XIXe siècle :

laurent grillet base

En gros, dans une petite ville il y avait :

- les « paysans » qui jouent vielle et musette,

- les chantres de l’église

les jeunes qui reviennent de l’armée, avec les musiques des villes de garnison en tête,

- l’instituteur qui fait parfois chanter,

- la bourgeoisie qui prend des leçons de musique et qui voudrait bien une fanfare pour le standing communal,

… mais les « paysans » apprennent la polka et les joueurs de clarinette sont encore obligés de jouer des bourrées…

(…) Le parcours atypique de Laurent Grillet (1851 – 1901) : ce joueur de vielle fréquente le monde de l’orphéon, celui des concerts parisien, et devient l’un des précurseurs de la réhabilitation du répertoire baroque (…) Laurent Grillet décède peu de temps à cinquante et un an, léguant une vielle et une cornemuse au musée du Conservatoire. On a pu parler à son endroit de nomadisme culturel : ce fils d’un musicien itinérant, chef d’orchestre et de fanfare, spécialiste de l’histoire du violon, et interprète de Couperin ) la vielle à roue possède en effet une carrière unique, qui étonnait déjà en son temps. Ainsi Hugues Lapaire, dans la préface de Vielles et cornemuses, le présente en ces termes « L’aristocrate Laurent Grillet, dont la vielle, vrai bijou du XVIIIe siècle, sortie des mains de Pierre Louvet, ne joue que forlanes et menuets pour le monde des délicats. » Il est en effet réducteur, dans le troisième quart du XIXe siècle, de vouloir cantonner la vielle à un répertoire précis : l’ambiguïté devient la règle, et les répertoires s’entrechoquent sous les doigts des vielleux. Nous avons déjà rencontré le cas de M. Aggeri, qui se produit dans les cafés de Moulins et Vichy au milieu du siècle, et dont le jeu est comparé à celui du violon ; nul doute que son répertoire doit faire la part belle aux extraits d’opéras et autres « grands airs » du répertoire. Ainsi que nous le verrons plus loin, quelques années plus tard, les commentateurs se plaindront amèrement que pour briller dans les concours musicaux, les joueurs de vielle ruraux se risquent à jouer Mozart. Le cas de Laurent Grillet n’est donc pas isolé, toutefois, son statut de musicien reconnu lui permet de pénétrer au plus vite les cercles les plus huppés, et d’y être accepté. Si un ménétrier montluçonnais s’essaie à pareil répertoire, il n’en sera pas mieux considéré, et risque même de récolter des quolibets. Ainsi la mobilité culturelle que nous suivons ici apparaît-elle comme une entreprise qui n’a rien d’aisé. Seuls des instrumentistes talentueux peuvent tracer leur route avec succès.

NB de Gilles Lauprêtre: de mémoire car je n’ai pas retrouvé l’article dans mes archives, lors du concours de vielles qui eu lieu à Charolles le 13 juin 1937, il y eu 6 concurrents locaux, et le concours fut gagné par François Crétenet, vielleux de Suin ( et également Mention d’Honneur aux fêtes Folkloriques des Provinces Françaises de l’Exposition de Paris le 30 Août 1937). Lors de ce concours de vielles Pierre Frisé interpréta des variations sur l’air du « carnaval de Venise » de Paganini. Sans doute aussi une adaptation à la vielle de son passé de joueur de piston.

19 décembre 2020

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Jean Coiffard dit Georges Coiffard, Changy-Tourny

georges  coiffard

« Le Tartouillet », enregistrement d’un disque vinyl du Groupe Folklorique « Les gars du Tsarolais » avec leur aimable autorisation, entre 1973 et 1976.

« Scottich », enregistrement d’un disque vinyl du Groupe Folklorique « Les gars du Tsarolais » avec leur aimable autorisation, entre 1973 et 1976.

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